Gravures

Je pratique la gravure depuis quelques années, et cette pratique vient compléter ma pratique du dessin. J’ai ouvert en 2013 un atelier d’estampe à l’Université Jean Jaurès.

J’ai commencé cette pratique avec l’intuition que peut être, avoir les mains dans l’encre serait une façon de remettre en branle ma recherche du sens. Pas parce qu’une estampe aurait plus, ou moins, de valeur qu’un dessin, qu’une peinture, qu’un ready-made, qu’une performance. Je me dis que peut être l’objet compte peu. Que ce qui compte, c’est que quand on est pris dans des questions aussi matérielles, techniques, exigeantes, réelles, que celle de la plaque de métal qui résiste, que l’encre qui colle aux doigts, on peut de façon privilégiée avoir accès à cette intelligence très particulière qui est celle de la main, mais surtout du concept opératoire, ce que Deleuze appelait le percept.

Et il est URGENT de non seulement le penser, mais aussi de lever les armes contre le pouvoir démesuré d’un capitalisme  décomplexé, qui repose sur la systématisation de la bêtise, et qui nous jette, littéralement, DANS LE MUR. Et que peut-on opposer à la bêtise si ce n’est le sens? Une étudiante me disait à la fin d’un cours, l’autre jour « en fait, madame, vous levez une armée, n’est-ce pas? ».

Mais revenons en à la gravure. Ce à quoi j’assiste de surprenant à l’atelier, c’est à quel point il est un espace de liberté, d’enthousiasme, d’invention, d’irrévérence et de subversion, même. ça pourrait paraître paradoxale, car la gravure, la sérigraphie, la lithographie, ont cette mauvaise réputation d’être des arts protocolaires, exigent techniquement. « On ne peut pas faire n’importe quoi ». En réalité, en art, on trouve ce paradoxe que la liberté vient parfois de la contrainte. Ce n’est pas pour rien que Matisse a réalisé ses dessins les plus expressifs depuis son lit, en attachant son pinceau au bout d’un long bâton. Très tôt les artistes se sont saisi de la gravure pour créer des oeuvres originales, et non seulement pour reproduire (on pense en premier lieu à Rembrandt par exemple). La gravure à ses origines était certes un média, mais il y eu aussi vite des artistes qui s’en sont saisi comme outil de création.

Car la gravure est un art de révélation, de surprise. L’estampiste ne fabrique pas directement son image, il fabrique une matrice parfois très différente de l’image qu’il produit. Il réalise tout un tas d’opération techniques, mais aussi cognitive, pour fabriquer sa matrice, et en ça il fait, pour moi, de la micro-sculpture plus que du dessin. Ce que l’on verra affleurer, au fond de la cuvette, sur la peau du papier, sera finalement le fantôme de cette sculpture, qui se révèle toujours selon la modalité du choc. En estampe, l’image est toujours l’empreinte De quelque chose, qui existe en chair et en os, et dont je forge la chair et les os.

La gravure est un médium d’alchimie. D’ailleurs, eau-forte, c’est le nom alchimique de l’acide nitrique. Mais ce qui relève de l’alchimie, c’est surtout le temps que l’on passe « en cuisine », à inventer des procédés nouveaux au fur et à mesure de nos besoins, de nos trouvailles. Et en effet, la gravure se pratique dans une temporalité extrêmement longue, qui résiste, et ce temps donné à la main et à la pensée pour s’accorder est un temps précieux, essentiel, pour qui souhaites interroger le monde en interrompant le flux.

Et enfin, c’est un médium de fusion, où l’artiste décomplexé pourra utiliser des procédés ancestraux en même temps que des outils numériques, prendre des empreintes d’asphalte avec un bulldozer en guise presse si ça lui chante, tirer des images à l’aide de poussière si c’est là que son projet le conduit. En ça, je pourrais même me piquer de vous dire que la gravure est un médium DISRUPTIF, concept, s’il en est, à la mode. En tout cas, ce n’est ni le disruptif ni le conservatisme d’une gravure qui en fera la qualité, puisque, je l’ai démontré, ou en tout cas je crois que vous avez compris que mon opinion est que l’art et ses techniques ne sont pas l’objet d’une obsolescence programmée. Ce qui compte, pour moi, c’est que l’artiste, quel que soit armes, soit ancré dans le contexte, dans l’histoire, et qu’il garde la posture si durement gagnée, (à coup de révolutions artistiques, à coup de RSA), de contestataire.

Micro-topoïétique (Gravure hors support – hors format)

En 2020, je fus invitée à exposer à l’Espace Saint Cyprien, à Toulouse. Galerie historique de la ville, les murs de celle-ci avaient été repeins des dizaines de fois, entre chaque exposition.

Munie de loupes d’horloger et de burins de gravure, je suis partie en quête des traces, même infimes, que les œuvres successives avaient pu laisser de leurs passages.

Le protocole était invariable : je cherchais un point de départ (un trou de clou, une imperfection dans la peinture), et je l’ouvrais, à la recherche d’un « chemin » dans la couche de peinture.
Petit à petit, ce long travail d’archéologie minuscule laissait apparaître une topographie, en surface et en profondeur du mur, imposée par les états historiques enregistrés dans la chair du mur.
La seconde partie du processus consista à venir estamper le résultat de ma
gravure : à l’aide de papiers humides et d’un frotton, je pris plusieurs empreintes
de l’immense gravure ainsi réalisée, réalisant ainsi comme des enregistrements de
la topographie révélée, et donc des états successifs passés du lieu.
Un mur, dans un centre d’art, c’est un palimpseste : chaque exposition
est absorbée par la couche de peinture suivante. Ce qui m’intéresse ici est donc l’interstice. L’interface entre les couches successives de peinture.

Marcel Duchamp dirait l’inframince : cet espace immatériel qui pourtant sépare de façon cruciale, mais presque imperceptible, les phénomènes (un moulage, par exemple, n’existerait pas sans l’interface entre la chose et son moule, et pourtant, cet espace n’existe « presque » pas.)

 

Les fillettes (en cours)

Cette série (en cours), sur un ton léger mais aussi un peu grinçant, tente de « piquer sur le vif » des scénettes liées à la maternité, et au registre doux-amer de la relation que nous avons avec nos enfants.
Pour m’attaquer à cette thématique liée à mon quotidien et mon expérience de mère, j’ai choisi d’utiliser la broderie. L’art de la broderie a été longtemps le moyen d’éduquer les femmes à l’idéal féminin mais il leur a également fourni une arme de résistance aux contraintes de la féminité. Je brode pour parler de « petites choses » de mon expérience de mère et de femme. En introduisant à la fois une iconographie et un domaine d’activité traditionnellement réservés à la sphère domestique, précédemment considérés comme indignes d’un artiste des beaux-arts, je revendique la possibilité pour les artistes femmes d’introduire la réalité de leur quotidien dans la sphère de l’art, dans une continuité naturelle de l’idée fluxiste qu’art et vie se confondent.

Dentelles

Ces dessins sont des micro-installations, constituées de dentelle au crochet, de dessin à l’encre et d’insectes épinglés.

Ces travaux interrogent les limites du dessin : de la translation d’un point sur un plan, il devient un fil enchevêtré dans l’espace.

En tissant ma dentelle, je tissais aussi le lien de ma filiation, me mettant en lien avec les femmes de ma famille (j’avais toujours vu ma grand-mère penchée sur son ouvrage), mais aussi avec toutes les femmes : une chose qui m’apparaît dans ce travail est l’idée « d’occupation ». Les femmes, pendant des siècles, ne pouvaient pas être artistes, mais elles pouvaient avoir des occupations, des passe-temps : dentelle, broderie, couture.

Dans mon quotidien de jeune mère, j’ai éprouvé, comme beaucoup d’artistes femmes, une grande difficulté à continuer de créer, peinant à trouver le temps nécessaire à la concentration et au faire. Or, lorsque je crochète de la dentelle ou que je brode, je peux prendre ou lâcher mon ouvrage facilement, adapter mon processus au temps fragmenté de mon nouveau quotidien. C’est pour moi une façon de résister aux contraintes de la maternité et de continuer d’être artiste.

Itzhak Goldberg

Texte écrit pour l’exposition « peinture silencieuse », à la galerie Univer – Colette Colla

Itzhak Goldberg est Professeur émérite en Histoire de l’art à l’Université de Jean Monnet, St Etienne. Critique au Journal des Arts, il a été également commissaire de plusieurs expositions.
Qu’il s’agisse d’une architecture ravagée en Syrie ou d’animaux qu’on suppose morts, les images d’Emmanuelle Mason semblent étrangement se dérober au réel.
Lire

Papiers peints érotiques

Basés sur la déclinaison de papier peints classiques, ces papiers peints présentent différents degrés de lecture.

Les lais sont disponibles sur commande.

Les motifs peuvent être déclinés sur textiles à la demande (sérigraphie) – me contacter.

Plus de motifs à venir.

Burn

    Cette série de dessins est réalisée en brûlant le papier avec un pyrographe (« burns »). Parfois, ces techniques viennent compléter des dessins ou des gravures, parfois elles sont utilisées seules.

Ce qui m’intéresse ici est que le papier devient une peau, les opérations plastiques des caresses ou des griffures. La sensualité de mon geste, mon rapport au papier, sont comme le pendant plastique de l’état amoureux.

Cut

Pour cette série de dessins érotiques, je travaille à partir d’un répertoire graphique de coupures et de brûlures.

    Cette série de dessins érotiques est réalisée en coupant l’épaisseur du papier au scalpel, soulevant ainsi comme une « écaille » de papier (« cuts »), ou en brûlant le papier avec un pyrographe (« burns »). Parfois, ces techniques viennent compléter des dessins ou des gravures, parfois elles sont utilisées seules.

Ce qui m’intéresse ici est que le papier devient une peau, les opérations plastiques des caresses ou des griffures. La sensualité de mon geste, mon rapport au papier, sont comme le pendant plastique de l’état amoureux.

Ces dessins, constitués uniquement d’ombre et de lumière, résistent au regard, il faut trouver la bonne lumière, le bon point de vue pour que le dessin, nous apparaisse. Je trouve cette idée d’apparition particulièrement propice pour parler d’amour et d’intimité.

 

Les explosions

Ces désastres sont mes première sérigraphies.

Les images de presse, d’actualité ou historiques, sont mises en ruine par le médium numérique puis le procédé même de la sérigraphie.

Syria

Cette série est un ensemble de 6 compositions modulaires utilisant le procédé sérigraphique.

Ce travail est issu de 12 dessins que j’ai réalisés à partir de photos que m’ont montrées des réfugiés Syriens auprès desquels j’étais engagée de 2014 à 2015. C’est à travers la figure de la ruine que j’ai pu poser sur le papier les témoignages qu’ils me confiaient. Dans ces compositions, le blanc du papier devient mon silence face à leurs récits, le terrain où erre le regard en quête de sens.

La série s’inscrit dans une filiation avec la peinture romantique. C’est en regardant les peintures de Friedrich, de Turner ou de Géricault, mais aussi habitée par mon engagement auprès des réfugiés syriens de Toulouse que j’ai initié ce travail.

expositions

Expositions Personnelles


 

2019      Lignes de vie, Galerie Artothèque, Gondrin.

      Lignes de vie, Galerie de l’Imagerie, Toulouse.

2013      Anima –  Musée Abbal, Carbonne.

     Anima, Musicophages, Toulouse.

2012     Le chant du Cygne, Brigade A4, Toulouse.

 

Expositions collectives principales


 

2021        Art Up – Carte blanche à la galerie Univer Colette Colla (juin)

2020      « Faire le Mur » Espace Saint Cyprien, Toulouse

2019      «Presque Rien», La Fabrique, Centre des arts contemporains, Festival Graphéïne, Toulouse

2018      « Peinture Silencieuse », galerie Univer, Colette Colla. Commissariat de Itzhak Goldberg, Paris.

2017      « 10 ans d’estampe contemporaine », la Main Gauche, Toulouse.

Salon DDessin, galerie CO2, Paris.

2016      8e zoom, Commissariat Christian Noorbergen, Galerie de l’arrivage,Troyes

2014      CRAC, Biennale des arts actuels, Champigny sur Marne.

The Animals, Galerie Art Corner, Nice.

L’étrange, Galerie Cirque des arts, Toulouse, France

MAC Paris, Paris. Présentée par Aralya (Lauréate du prix Festiv’Aralya)

2013       Estampadura,Triennale Européenne de l’Estampe Contemporaine, Toulouse

2013…    Power Tower : Paris<>Busan, Soul art space, Busan, Corée. Moving windows, MoCa, Busan, Corée.

Il sera une fois… IESA, Paris. Je t’aime, I love you, CAFA, Pékin, Chine. Objet commun, Ecole Centrale, Paris. La Beauté in Fabula, Palais des Papes, Avignon. Invitation de Jean-Luc Parant.

Festivals, évènements

 

Festival NOVELA – Déambulations, une œuvre d’art numérique produite pour le Festival Novela, exposé sur un écran géant à la Gare de Toulouse Matabiau. En collaboration avec la société Ekito
Festival Déviations
Festival NOVELA – 18m3 de dessin, œuvre numérique, Musée des Abattoirs de Toulouse. En collaboration avec la société Ekito.

Les arts en Balade, Toulouse.

Participation à la scénographie de la pièce «l’instable», par Nathalie Le Corre, Espace Pasolini, Valencienne.

Création de la scénographie Vidéo des spectacles Akapulko et Cloakroom, Compagnie D’Après.

Festival Videoformes, Clermont Ferrand.

Représentation en galerie


Galerie Univer, Colette Colla, Paris

Galerie L’imagerie, Toulouse

contact

 

Votre nom (obligatoire)

Votre email (obligatoire)

Sujet

Votre message

 

 

 

Retrouver mon travail en vente sur Kazoart

 

crédits photographiques : Emmanuelle Mason, Bénédicte Deramaux, Cyrille Mailhé, Boris Mélinand.

 

sur le web

Reportage Newsart today

-Galerie virtuelle sur le showroom Aralya (Lauréate 2014)

Coup de cœur MAC2013 Cimaise, Beaux-arts actuels

Interview de Emmanuelle Mason lors du festival Novela à Toulouse par les Jeunes Reporters d’Entreprise. Un projet FACE-Grand Toulouse, une réalisation www.jouvreloeil.com.

-Article sur Déamublations dans Buisness Review USA

-Article dans la Dépêche

– Catalogue du CRAC 2014

 

Yannick Lefeuvre

l’Angle d’un ange par Yannick Lefeuvre

Elle nous donne à voir des carcasses d’animaux morts, os et chairs en décomposition saisis dans leurs monstrations verticales désarticulées…

Par quelle magie arrive-t-elle sur le socle de ces visions insupportables à élever notre regard vers la vie ?

Sans doute, elle a l’œil, elle sait saisir de par sa pratique performante ce qu’il en est des subtilités des matières, des brisures et des lignes qui déclinent des frontières oubliées. Elle cherche, puise et s’aiguise à saisir l’ineffable. Un jour sans doute, en ces lieux terribles, elle a vu, elle a su et elle a fait en sorte de nous donner sa vision en partage. Nous convier à ce passage devait être nécessaire pour elle.

Lire

Alexandra Samouiller

Emmanuelle Mason par Alexandra Samouiller

Mon crayon sur la feuille me convient mieux pour dessiner que pour aligner les mots de manière rigoureuse et efficace. Ainsi je vais tenter de parler de dessin, celui qui m’a touché dans ce salon Mac. Celui de l’artiste Emmanuelle Mason qui occupa le stand d’Aralya, H02.

Du crayon à la plume

En franchissant les portes du salon, à droite au fond de l’allée des formes sombres de part et d’autre des murs du stand, on imagine un travail graphique, de la peinture ou de la sculpture. Avant d’y parvenir, je me frêle un chemin parmi les visiteurs qui, comme moi, vont de stand en stand découvrir un nouveau monde à chaque fois. L’art se déploit sous de multiples formes ; de la peinture, de la sculpture,…

Lire

Christian Noorbergen

Emmanuelle Mason par Christian Noorbergen,

critique d’art et professeur de philosophie.

 

Emmanuelle Mason ensemence le vide de ses sublimes talismans abandonnés. Sa création est fabuleusement inventive, crue, cruelle, et comme dessinée au scalpel. Ainsi surgissent, dans l’impensable et dans l’irrécupérable, d’inouïs dessins déliés, aigus, aventureux, sidérants, et débarrassé de tout décor. Saisissants squelettes d’entités broyées, qui n’habitent plus, à jamais, que la fragilité du papier. Petites îles séparées, inhabitables et désolées, d’une effrayante proximité. Une indicible finesse, d’une infinie souplesse, les a jetées au-dehors.

Lire

Jérémy Liron

Emmanuelle Mason, Ouvrir le corps de l’image, par Jérémy Liron, artiste, critique et écrivain.

Sans doute existe-t-il une connivence –exploitons l’intuition – une sorte de relation profonde entre le dessin et ce que l’on pourrait appeler le corps ouvert. Quelque chose qui mène du tracé à la découpe, du trait à l’incise, de la silhouette à son ouverture. Quelque chose peut-être qui, dans ses lignes, lie son cerné, ses contours à son antre. Une dialectique à l’œuvre dans les anatomies et qui conjugue l’observation

Lire

18M3 de dessin

Année de réalisation : 2011 (présentation au musée des Abbatoirs, dans le cadre de la Novela 2011).
Technique : Kinect, lunettes de réalité augmentée, interface de diffusion

Lire

Déambulations

Année de réalisation : 2012 (Dans le cadre de la Novela 2012)
Technique : Application Iphone et Androïd, Site internet et écran géant à la Gare de Toulouse Matabiau.
Le site ne fonctioanant qu’en temps réel, il n’est actuellement plus visible, il ne reste que les captures d’écran ici présentées.

Lire

le chant du cygne

Le chant du cygne est une sculpture suspendue réalisé à partir d’une oie que j’ai moi-même naturalisée. La peau et l’aile ont été cousues et résinées de façon à donner la forme voulue.

Lire

le centaure

L’œuvre est constituée de crin de chevaux, tressés, noués, assemblés sous la forme d’une rhizome infini de tresses qui se font, se défont, se rejoignent, se démultiplient, se croisent…

Lire

hors série

Je place dans cette catégorie les travaux ébauchés, les pistes, les tentatives isolées…

Céline Cadaureille

Emmanuelle Mason par Céline Cadaureille,

Artiste et Maître de Conférences en Arts Plastiques Université Jean Monnet, Saint Etienne

Dans le travail graphique d’Emmanuelle Mason, l’image se construit selon une succession de couches, une accumulation de traits créant des réseaux, des typographies vers lesquelles nous approchons pour mieux nous perdre. Au contact des détails et des traits, on reconnait une matière filandreuse, des vaisseaux mêlés et entortillés, des nœuds énervés. Une matière que l’artiste élabore patiemment pour venir nous évoquer la notion d’informe telle qu’elle fut formulée par Georges Bataille en 1929 dans la revue Documents.

Lire

la série des natures mortes

« La viande est la zone commune de l’homme et de la bête, leur zone d’indiscernabilité, elle est ce «fait», cet état même où le peintre s’identifie aux objets de son horreur ou de sa compassion »

Gilles Deleuze Francis Bacon, logique de la sensation.

Lire

à propos

télécharger portofolio

Emmanuelle Mason – Artiste plasticienne

Née à Paris en 1976, vit et travaille à Toulouse

 

                  Après avoir suivi un cursus à l’école Estienne, Emmanuelle Mason intègre les ateliers de Barbara Leisgen et de Christian Boltanski aux Beaux-arts de Paris, dont elle sort diplômée en 2003. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions monographiques ou collectives en France et à l’étranger, et a intégré plusieurs collections privées ou institutionnelles. Elle vit et travaille à Toulouse. Elle a créé un atelier d’estampe au sein de l’université Jean Jaurès – où elle enseigne au sein du département Arts plastiques – en 2012.

Son travail, d’abord tourné vers le multimédia et l’installation, s’oriente plus tard vers le dessin et les arts graphiques tels que la gravure, la lithographie et la sérigraphie, techniques qu’elle revisite à l’aune des questionnements contemporains et des pratiques installatives. Elle s’approprie en outre le dessin hors format, hors support, hors médium : dessiner avec du crin de cheval, avec du fil crocheté, dessiner avec un pyrographe, avec de la broderie, avec un scalpel, une localisation gps…

Son exposition personnelle la plus récente, intitulée « Ligne(s) de vie », a d’abord été montrée à la Galerie de l’Imagerie à Toulouse puis à l’Artothèque de Gondrin en 2019. Elle montrait 10 années de travail. Avant ça, elle présentait l’exposition « Anima » successivement au Musée Abbal et à la galerie des Musicophages à Toulouse. Parallèlement, elle participe à beaucoup d’expositions collectives en France et à l’étranger, son parcours l’ayant menée notamment à exposer à la CAFA de Pekin, au Musée d’Art Moderne de Busan en Corée, au Palais des Papes lors de la grande exposition « La Beauté in Fabula », (sous le commissariat de Jean de Loisy), à la Galerie Univer à Paris lors de l’exposition « Peinture Silencieuse » (sous le commissariat de Itzhak Goldberg), à Artcité où elle gagne le prix de la critique (délivré par Christian Noorbergen) ou encore au salon Mac Paris (lauréate du prix Aralya en 2014) ou à Art up à Lille avec la Galerie Univer.

Le regard de l’artiste se pose avant tout sur le monde du vivant et de l’Autre. Ses recherches – sur l’animal, l’érotisme, le corps, la mort, le désastre – ont pour point commun de montrer une extrême délicatesse, une « belle manière » qui piège le regard, alors que les sujets traités sont parfois irregardables ou même immondes. Elle rejoue la question d’un sublime, beau et effrayant à la fois, transposé au monde contemporain et aux apories éthiques, philosophiques, sociales et écologiques qu’il porte. Même lorsque son travail se fait tendre, on trouve une coupure, une brûlure, qui tente de prendre en charge la tonalité plus ambiguë du sujet, et en laisser percevoir toute l’étrangeté.

LE DESSIN COMME ACTE DE RESISTANCE

« J’ai cette intuition, même si je peine à poser des mots dessus, que lorsque je me rends à l’atelier pour inciser du métal ou tracer des lignes de dessin, j’accomplis un acte essentiel, un acte de résistance. Cet acte me met en lien avec la fonction somptuaire de l’œuvre d’art, celle dont nous parle Bataille à propos de Lascaux, celle de l’esthétique, c’est-à-dire de la quête de sens. »

TRACER

«Le dessin est ce qui m’occupe avant tout. Lorsque je dessine, le papier devient un corps, un territoire, un «milieu». Tracer, faire courir l’encre, parcourir des kilomètres de papier, passer sous le plan du papier en le coupant, le brûlant. Trouver la ligne qui saura dire ce qui m’a ému, ou heurté. Dessiner avec mon corps aussi, en marchant dans la ville, ou hors support en traçant dans l’espace grâce à un dispositif numérique. Dessiner avec du crin de cheval que je tresse, ou encore avec de la dentelle que je tisse…»


 

Formation


Grandes écoles

2003      Diplôme National Supérieur d’Arts Plastiques, ENSB-A, Paris.

1999       B.T.S. de communication visuelle. Ecole Estienne, Paris.

Université

2006       Agrégation (reçue 2e) et Capes (reçue 2e) d’arts plastique.

2004       DEA “arts des images & art contem porain” – université Paris VIII – mention très bien.

2001       Deug et Licence d’arts plastiques. Paris I – Saint Charles.

 

Prix, Bourses


Allocation d’installation d’Atelier, DRAC occitanie.

Lauréate Festival Aralya

Prix Artcité de la critique décerné par Christian Noorbergen.

Prix du Jury – Festival Aralya

Prix de la Fondation Varenne – Festival Vidéoformes
Presse, articles, publications

 

Portrait vidéo, Ligne(s) de vie, par Raphaël Laugier.

Emmanuelle Mason, par Christian Noorbergen, Aralya n° 24.

Dessin animal, par Benoït Ladune dans le n°59 de Miroir de l’art.

En vitrine, Emmanuelle Mason, Interview par la Brigade A4, dans le IF mag #7.

Episode de «news Art Today», Emmanuelle Mason.

Co-écriture de «En échange avec Jean-Luc Parant», avec Jean-Luc Parant et Michel Butor.


Résidences, voyages de recherche


Residence aux Beaux-arts de Pekin (CAFA)

Résidence au MoCa, Busan, Corée

 

Conférences, rencontres avec le public


Médiation autour de l’exposition «Lignes de Vie», à la Galerie de l’Imagerie.

Conférence «la gravure à l’épreuve de l’art contemporain», Les 10 ans de la main Gauche.

Rencontre autour de la gravure, Musicophages, médiation pendant l’exposition «Anima».

 

Collectifs d’artistes


Siléo

Jenifer Art

Formation continue


Formation au Burin, avec Maria Chillion

Formation à la gravure, atelier de la Main-Gauche, avec Bilitis Fareny

Formation à la serigraphie, atelier 54 fils au cm, avec Anne Izambert

Formation à la manière noire, avec Miguel Aldana

Formation de Moku Hanga, Myriam Zegler.

 

Compétences


Création et gestion d’ateliers (Atelier d’estampe de l’université Jean-Jaurès à Toulouse (gravure, sérigraphie, lithographie), atelier de Volume…
Gravure, sérigraphie, lithographie…
Dessin contemporain, dessin hors support ou hors format.
CAO, DAO, arts numériques, vidéo, son, photographie
Moulage, nouveaux matériaux
Installation et performance.
Pédagogie, enseignement, initiation à la Recherche en Arts.

 

Enseignement


2007…      Enseignante Agrégée à l’université de Toulouse II -Jean-Jaurès, Département arts plastiques.
2006         Professeur agrégée dans le secondaire (Paris XVIIe).