Céline Cadaureille

Emmanuelle Mason par Céline Cadaureille,

Artiste et Maître de Conférences en Arts Plastiques Université Jean Monnet, Saint Etienne

Dans le travail graphique d’Emmanuelle Mason, l’image se construit selon une succession de couches, une accumulation de traits créant des réseaux, des typographies vers lesquelles nous approchons pour mieux nous perdre. Au contact des détails et des traits, on reconnait une matière filandreuse, des vaisseaux mêlés et entortillés, des nœuds énervés. Une matière que l’artiste élabore patiemment pour venir nous évoquer la notion d’informe telle qu’elle fut formulée par Georges Bataille en 1929 dans la revue Documents.

Lire

Jérémy Liron

Emmanuelle Mason, Ouvrir le corps de l’image, par Jérémy Liron, artiste, critique et écrivain.

Sans doute existe-t-il une connivence –exploitons l’intuition – une sorte de relation profonde entre le dessin et ce que l’on pourrait appeler le corps ouvert. Quelque chose qui mène du tracé à la découpe, du trait à l’incise, de la silhouette à son ouverture. Quelque chose peut-être qui, dans ses lignes, lie son cerné, ses contours à son antre. Une dialectique à l’œuvre dans les anatomies et qui conjugue l’observation

Lire

Alexandra Samouiller

Emmanuelle Mason par Alexandra Samouiller

Mon crayon sur la feuille me convient mieux pour dessiner que pour aligner les mots de manière rigoureuse et efficace. Ainsi je vais tenter de parler de dessin, celui qui m’a touché dans ce salon Mac. Celui de l’artiste Emmanuelle Mason qui occupa le stand d’Aralya, H02.

Du crayon à la plume

En franchissant les portes du salon, à droite au fond de l’allée des formes sombres de part et d’autre des murs du stand, on imagine un travail graphique, de la peinture ou de la sculpture. Avant d’y parvenir, je me frêle un chemin parmi les visiteurs qui, comme moi, vont de stand en stand découvrir un nouveau monde à chaque fois. L’art se déploit sous de multiples formes ; de la peinture, de la sculpture,…

Lire

Christian Noorbergen

Emmanuelle Mason par Christian Noorbergen,

critique d’art et professeur de philosophie.

 

Emmanuelle Mason ensemence le vide de ses sublimes talismans abandonnés. Sa création est fabuleusement inventive, crue, cruelle, et comme dessinée au scalpel. Ainsi surgissent, dans l’impensable et dans l’irrécupérable, d’inouïs dessins déliés, aigus, aventureux, sidérants, et débarrassé de tout décor. Saisissants squelettes d’entités broyées, qui n’habitent plus, à jamais, que la fragilité du papier. Petites îles séparées, inhabitables et désolées, d’une effrayante proximité. Une indicible finesse, d’une infinie souplesse, les a jetées au-dehors.

Lire

Yannick Lefeuvre

l’Angle d’un ange par Yannick Lefeuvre

Elle nous donne à voir des carcasses d’animaux morts, os et chairs en décomposition saisis dans leurs monstrations verticales désarticulées…

Par quelle magie arrive-t-elle sur le socle de ces visions insupportables à élever notre regard vers la vie ?

Sans doute, elle a l’œil, elle sait saisir de par sa pratique performante ce qu’il en est des subtilités des matières, des brisures et des lignes qui déclinent des frontières oubliées. Elle cherche, puise et s’aiguise à saisir l’ineffable. Un jour sans doute, en ces lieux terribles, elle a vu, elle a su et elle a fait en sorte de nous donner sa vision en partage. Nous convier à ce passage devait être nécessaire pour elle.

Lire