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Micro-topoïétique (Gravure hors support – hors format)

En 2020, je fus invitée à exposer à l’Espace Saint Cyprien, à Toulouse. Galerie historique de la ville, les murs de celle-ci avaient été repeins des dizaines de fois, entre chaque exposition.

Munie de loupes d’horloger et de burins de gravure, je suis partie en quête des traces, même infimes, que les œuvres successives avaient pu laisser de leurs passages.

Le protocole était invariable : je cherchais un point de départ (un trou de clou, une imperfection dans la peinture), et je l’ouvrais, à la recherche d’un « chemin » dans la couche de peinture.
Petit à petit, ce long travail d’archéologie minuscule laissait apparaître une topographie, en surface et en profondeur du mur, imposée par les états historiques enregistrés dans la chair du mur.
La seconde partie du processus consista à venir estamper le résultat de ma
gravure : à l’aide de papiers humides et d’un frotton, je pris plusieurs empreintes
de l’immense gravure ainsi réalisée, réalisant ainsi comme des enregistrements de
la topographie révélée, et donc des états successifs passés du lieu.
Un mur, dans un centre d’art, c’est un palimpseste : chaque exposition
est absorbée par la couche de peinture suivante. Ce qui m’intéresse ici est donc l’interstice. L’interface entre les couches successives de peinture.

Marcel Duchamp dirait l’inframince : cet espace immatériel qui pourtant sépare de façon cruciale, mais presque imperceptible, les phénomènes (un moulage, par exemple, n’existerait pas sans l’interface entre la chose et son moule, et pourtant, cet espace n’existe « presque » pas.)