Mon travail se situe à la frontière du dessin, de la matière et du vivant, dans une visée d’art engagé. Il explore une écologie de l’étrange, troublante et inconfortable.
Mes dessins ne cherchent pas à reproduire la « nature », mais à créer une écologie graphique sombre, où la croissance n’est ni belle ni morale, seulement réelle, parfois sublime. Elles rendent visibles l’étrangeté et le trouble du monde, la complexité des systèmes dans lesquels nous sommes immergés, et questionnent notre cohabitation avec le vivant et le non-humain.
Je m’intéresse à l’agentivité de la matière : la capacité des matériaux à agir, transformer, produire formes et textures, parfois indépendamment de ma volonté. Le dessin devient alors un organisme graphique autonome, capable de se propager selon sa propre logique, comme un épiphyte qui occupe un milieu sans l’endommager ou un parasite qui au contraire le ravage.